Union Régionale des Professionnels de Santé Orthoptistes

APPRENTISSAGE DE LA VISION ET APPRENTISSAGE DE LA LECTURE… CES DEUX ACQUIS FONDAMENTAUX SE SUCCÈDENT NATURELLEMENT DANS LA VIE DE L’ENFANT.

La vision du jeune enfant se construit, se perfectionne, de la naissance à 4 ans, âge auquel se confirme son intérêt pour l’écrit. De longues années vont alors s’écouler pour que, vers 10 ans, il réclame « un vrai livre ». Or les spécialistes constatent une corrélation entre la qualité de la lecture et celle de la vision.

Que se passe-t-il aux différentes étapes de l’élaboration de celle-ci? Que doit observer l’entourage pour vérifier l’intégrité de la vision d’un enfant! Comment lui garantir de bien voir pour bien lire? C’est à ces questions — et à bien d’autres — que répond le document réalisé par l’Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue (ASNAV) dont voici le contenu.

6 ANS POUR BIEN LIRE

Les quatre premières années de la vie sont indispensables à la maturation du système oculaire de l’enfant. À partir de là, six nouvelles années vont encore lui être nécessaires pour bien posséder la lecture, cet élément essentiel à une bonne réussite scolaire, à l’accession au savoir et à une certaine forme de plaisir.

La lecture est une matière infiniment vivante. Elle s’aménage, se perfectionne tout au long de la vie. Y compris à l’âge adulte.

REGARD ET LECTURE : DES MÉCANISMES COMPLEXES
Pour un « grand », lire semble simple, naturel, à partir du moment où il a appris. Or cette action fait appel à des mécanismes incroyablement délicats et compliqués. Savoir lire ce n’est pas seulement identifier des lettres. C’est aussi sans cesse faire appel à notre connaissance de la langue.

C’est une acquisition très complexe, quelle que soit la méthode utilisée, au sein de laquelle la vue occupe une place de premier plan. Tout comme la perception visuelle et le pouvoir qu’ont les yeux de se mouvoir.

Si vous êtes adulte, il vous a fallu 15 à 20 secondes pour lire les lignes qui précèdent. Votre regard a sauté 20 à 100 fois en divers points de ce texte, car l’oeil enjambe environ 7 lettres à chaque saccade, ce qui fait à peu près un arrêt par mot. Chaque fois, votre vue — c’est-à-dire vos yeux — a créé sur votre rétine une image inversée du mot regardé. Cette image a instantanément été transmise à votre cerveau qui l’a reconnue. Ce cheminement inconscient, c’est la vue. Votre regard va ainsi se déplacer vers un autre point de fixation, un nouveau mot qui, à son tour, sera vu puis reconnu… La lecture fait ainsi inlassablement appel à la vue, à la vision, au regard. Trois fonctions simultanées.

La vue transporte les images du monde extérieur jusqu’au cerveau. Ce dernier les analyse et les reconnaît : c’est le stade de la vision. Ensuite, les yeux se déplacent pour observer un nouveau point : c’est le regard. En clair, l’action de regarder.

La vue est notre sens le plus précieux. 80 % des informations en provenance du monde extérieur nous parviennent par les yeux. Visage, paysage, illustration, mot, lettre… l’image de ce que l’on regarde se forme sur la rétine. Elle doit être en tous points fidèle à la réalité. Pour cela, les yeux se règlent spontanément en fonction de la luminosité et de la distance. Quand on lit, on tient — le plus souvent — le document à une distance de 20 à 50 cm, en moyenne à 40 cm. Un enfant a alors besoin d’une acuité visuelle de 10/10ème pour distinguer des détails de 0,5 mm de hauteur.

Si sa vision est « plus basse », il a du mal à percevoir les points sur les « i » et risque de confondre un « t » et un « r ». Une acuité de 10/10ème lui est a fortiori nécessaire pour lire, sur le tableau noir, des lettres de 7,3 mm de hauteur. Notamment s’il est assis au fond de la classe, environ à cinq mètres du tableau.

LORSQU’UN MOT EST VU, IL N’EST PAS ENCORE LU
La vision, c’est aussi la perception visuelle. Lorsqu’un mot est vu, il n’est pas encore lu, c’est-à-dire reconnu par le cerveau. Le savoir intervient à chaque phase, le cerveau puisant en continu dans cette grande encyclopédie qu’est la mémoire pour reconnaître ce qu’il a vu. Face à une page imprimée, la perception visuelle fonctionne à plusieurs niveaux successifs : vision globale et « confuse » de la plage, vision plus organisée — ligne par ligne ou paragraphe par paragraphe — et vision plus précise portant sur quelques lettres ou sur un mot.

Le regard — l’action de regarder —, quant à lui se confond avec le mouvement des yeux. Quand on lit, les yeux bougent continuellement. Ils se fixent pendant environ 1/4 de seconde sur un point puis se déplacent vers un autre, le temps d’une saccade en 20 à 30 millièmes de seconde. Tout se passe selon un rythme modulé par la reconnaissance des mots et le traitement des phrases lues. Le regard passe ainsi automatiquement de mot en mot à un rythme irrégulier qui s’interromprait sur un terme inconnu.

L’enfant qui apprend à lire connaît encore peu de lettres, de mots, de chiffres. Inconsciemment, ses yeux semblent à la recherche constante de ceux qui lui sont familiers. Difficulté supplémentaire : à cet âge, des lettres connues peuvent être confondues avec d’autres. Exemple : le « m » et le « n », le « t » et le « r », le « u » et le « v », le « h » et le « b »… Et la difficulté s’accroît quand l’enfant doit reconnaître des mots très proches : « mon » et « nom », « huche » et « bûche », « toux » et « roux »… Par chance, ce risque de confusion est souvent rétabli par le savoir du petit enfant dans la mesure où il comprend le sens du texte. Une phrase telle que « papa et maman se promènent avec moi » ne lui laisse, en principe, pas de doute entre « moi » et « mai ».

Le processus de l’apprentissage de la lecture est complexe et délicat. Tout particulièrement à l’âge tendre, au moment des premières conquêtes de ce qui deviendra un mécanisme. C’est un moment fragile que le moindre grain de sable — notamment une vision imparfaite — peut suffire à perturber.

L’effort est intense. Il le sera davantage encore si l’enfant voit mal. Confronté à trop de difficultés, il risque de relâcher son attention, voire d’abandonner sa tentative d’apprentissage de la lecture, aussi motivé soit-il par cette nouvelle acquisition.

LECTURE ET VISION : UN LIEN ÉTROIT
Constat accablant en provenance du ministère de l’Éducation : un enfant sur cinq éprouve des difficultés à lire dès le cours élémentaire 2e année et, en classe de 6e, deux élèves sur trois lisent mal.

Accusées no 1 : les méthodes d’enseignement. Selon les spécialistes, toute la pédagogie de la lecture serait à revoir. Dans ce débat, on oublie de prendre en compte les qualités de la fonction visuelle de chaque enfant.

Ce chaînon manquant a inspiré à l’ASNAV (Association pour l’Amélioration de la Vue) une importante étude expérimentale portant sur la relation entre le bon apprentissage de la lecture et une vision de qualité. Ce travail n’est pas terminé, mais il est déjà riche d’enseignement pour tous les adultes. L’hypothèse évoquée par l’ASNAV et les spécialistes de la vision se confirme : un enfant qui lit mal a souvent des problèmes de vision. Et, plus, il les « collectionne » — par exemple, myopie/astigmatisme ou hypermétropie/astigmatisme — et plus il a de difficultés à lire.

LES SIGNAUX D’APPEL
Initiation à l’écriture (l’enfant joue à tracer des boucles, des ponts, des bâtons, son nom), à la lecture (il apprend à lire son nom, à reconnaître certaines lettres…), c’est à la maternelle ou à l’entrée au cours primaire que se révèlent certains défauts visuels inaperçus dans la prime enfance.

Les enseignants ont un rôle capital d’observation à jouer, mais il appartient aussi aux parents d’être attentifs à certains signes:

  • clignements d’yeux très fréquents,
  • froncements des sourcils,
  • yeux rouges qui pleurent ou qui « piquent »,
  • fatigue ou maux de tête au retour de l’école,
  • douleurs dans la nuque,
  • l’enfant dessine, écrit ou lit le nez collé à son cahier, à son livre,
  • quand il lit, il lui arrive de perdre sa ligne, de relire deux fois la même ligne ou le même mot,
  • il confond certaines lettres,
  • il n’aime pas lire ou ne lit pas longtemps,
  • à la fin du cours primaire, il ne retient pas ce qu’il lit,
  • il lui arrive de loucher,
  • il est exagérément sensible aux fortes luminosités…

Si l’enfant présente l’une de ces particularités, il s’agit (peut-être) d’un défaut mineur, d’une gêne qui n’est pas obligatoirement liée à un défaut visuel. Les parents doivent prendre l’avis d’un spécialiste par sécurité.

LIRE : UN PLAISIR À LUI FAIRE DÉCOUVRIR
Tout comme les jouets, les livres appartiennent de plus en plus tôt à l’univers de l’enfant. Livres en tissu ou en carton « indéchirable», livres qu’on manipule ou qu’on mâchonne à l’âge des premières dents… les bébés adorent ces objets peuplés d’ours, de lapins, de poules ou de crocodiles. Vient, ensuite, le temps des histoires. La lecture est l’occasion d’un moment privilégié entre l’enfant et l’adulte, à la condition de choisir l’instant propice. L’enfant est très tôt sensible aux couleurs, à l’expression des personnages et même à la typographie. Il sait quand le singe a fait une bêtise, quand la maman ourse est fâchée ou le poussin triste. Il sent par la différence de grosseur des lettres quand il se passe quelque chose dans le récit. Et, à terme, la lecture de l’image favorise celle de l’écrit.

  • Vers 18 mois, un enfant s’intéresse aux imagiers, ces livres où un mot est associé à une illustration. On peut déjà l’inscrire dans une bibliothèque spécialisée, lui enseigner le goût, la manipulation et le respect des vrais livres, le plaisir des belles illustrations. L’attirance que l’on ressent soi-même pour les livres le motive.
  • Vers 2 ans et demi, l’enfant est capable de reconnaître son prénom écrit en lettres bâton. Il commence à pouvoir associer un animal, un arbre, une fleur, un jouet… avec un mot. Il va bientôt aimer déchiffrer, « lire » les emballages des produits familiers farine, chocolat…
  • Vers 3, 4 ans, il joue à recopier : maman, papa, chat, chien… Inconsciemment, il comprend que la lecture passe par l’écriture et réciproquement. Dès lors, il ne s’agit pas de jouer le rôle de la maîtresse de maternelle et de « refaire la classe » le soir, mais simplement d’être à l’écoute des centres d’intérêt de son enfant.
  • Vers 4, 5 ans, il aime les recueils de comptines où il peut retrouver des mots appris par cœur. S’il a une passion pour les baleines, les voitures ou les dinosaures, c’est le moment de lui offrir sa première encyclopédie : l’ouvrage idéal pour lui en apprendre davantage sans trop enseigner, sans trop l’ennuyer, tout en lui donnant le goût d’apprendre à lire.

C’est ainsi que l’on favorise le penchant d’un petit enfant pour la lecture : à partir de journaux spécialisés ou non, de jeux de société dont il faut lire les consignes, voire de recettes de cuisine simplifiées. Lire avec un enfant, dans la vie de tous les jours, c’est lui apprendre à observer, à développer son vocabulaire, à enrichir ses connaissances.

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amblyopie

 

L’AMBLYOPIE, EST UN TROUBLE OCULAIRE QUI AFFECTE DES MILLIERS D’ENFANTS. À CONDITION D’ÊTRE TRAITÉ À TEMPS, IL EST HEUREUSEMENT RÉVERSIBLE.

Le saviez-vous : la vision se développe au cours des neuf premières années de notre vie. Passé ce temps, la maturation du système visuel est complète et celui-ci ne peut être modifié. Toutefois, il n’est pas rare qu’un œil ne se développe pas comme il le devrait. Cette croissance atypique peut être causée par le strabisme (la déviation des axes visuels), mais aussi par une myopie ou une hypermétropie, qui font qu’un œil n’arrive pas à focaliser avec l’autre. Lorsque c’est le cas, le cerveau « supprime » l’œil le plus défocalisé. L’enfant s’habitue alors à ne voir qu’avec le meilleur des deux yeux. C’est précisément ce qu’on appelle « l’amblyopie », ou « l’œil paresseux ».

DÉTECTER L’AMBLYOPIE

Il est important de traiter l’amblyopie, le plus rapidement est idéal, c’est à dire si possible, avant l’âge de 6 ans. En effet, plus on attend et plus le traitement est difficile et moins efficace. Si cette condition, pour des raisons diverses, n’est pas traitée, elle pourrait entraîner la perte complète de la vue dans l’œil atteint.

L’amblyopie n’est pas toujours facile à détecter et un enfant qui en souffre ne présentera pas nécessairement des signes de strabisme (œil qui louche).

Cependant, si vous remarquez que votre enfant a tendance à souvent fermer un œil, ou placer une main sur son œil lorsqu’il regarde la télévision, consultez sans tarder un optométriste. Puisque cette condition est héréditaire, les enfants qui ont des antécédents familiaux d’amblyopie doivent absolument, et dès que possible, être examinés par un optométriste ou un ophtalmologiste.

TRAITEMENTS

L’amblyopie est traitée en forçant le cerveau à utiliser l’œil atteint. Pour corriger la vue, l’enfant portera bien sûr des lunettes, mais il est fort possible que ce ne soit pas assez pour réhabituer le cerveau à voir avec le mauvais œil. Il existe plusieurs traitements, comme l’atropine (des gouttes médicamentées), mais qui ne sont malheureusement pas toujours efficaces. S’il existe des opérations pour remédier au problème de strabisme, il n’en existe pas pour traiter l’amblyopie. Dans la plupart des cas, il faut alors recourir à l’occlusion totale ou partielle de l’œil sain pour obliger l’utilisation de l’œil atteint. Pour ce faire, l’enfant devra porter un cache-œil.

Plus le traitement commence tôt, plus il a de chances de réussir. Ceci étant dit, il n’est certes pas aisé de convaincre un enfant en bas âge de porter le fameux « bandeau de pirate ». Puisqu’il est très important de suivre le traitement à la lettre, voici quelques trucs qui pourraient vous faciliter la vie.

  1. Informer l’entourage
    Il est important d’informer les professeurs ou éducatrices de votre enfant. Ils pourront, eux aussi, l’aider à suivre son traitement. Même chose pour les grands-parents, frères et sœurs : après tout, le dicton sénégalais stipule que ça prend tout un village pour élever un enfant!
  2. Distraire l’enfant
    Pendant les heures où il doit porter son cache-œil, distrayez votre enfant. Jouez avec lui, occupez-le; changez-lui les idées, quoi!
  3. Faire une fête de pirates
    Pourquoi ne pas organiser une grande fête de pirates, à la maison, au court de laquelle les invités seront invités à fabriquer leur propre cache-œil? Ça aura pour effet de sensibiliser les amis de votre enfant et de décomplexer celui-ci, par la même occasion.
  4. Instaurer une routine
    Vous le savez, les enfants réagissent très positivement à la routine. Préférablement, le port du cache-œil devrait, lui aussi, faire partie d’une routine. Par exemple, on le met le matin, après avoir brossé ses dents, et l’enfant peut le retirer avant sa sieste.
  5. Noter le progrès de l’enfant
    Sur un calendrier (sur lequel on voit bien quand le traitement sera terminé), notez le progrès de votre enfant, jour après jour. Félicitez-le et encouragez-le en lui montrant comme le temps passe et comme il progresse bien.
  6. Bien informer l’enfant
    Il est important que les traitements soient effectués comme prescrits. Prenez le temps de l’expliquer à votre enfant. Assurez-vous qu’il comprenne pourquoi il doit garder son cache-œil en place. S’il connaît les raisons du traitement, les risques de ne pas bien le faire, la durée, il acceptera plus facilement de s’y soumettre.
  7. S’outiller pour réussir
    Trouver un cache-œil qui plaira à votre enfant : ça fera toute la différence! En effet, s’il le choisit lui-même, ou s’il lui plaît, vous n’aurez pas à vous battre avec lui pour qu’il le porte. Donnez-lui un toutou portant lui-même un cache-œil, ou mettez-en un sur sa peluche favorite.
ESTIME DE SOI

Mais, est-ce qu’un tel traitement peut avoir des répercussions négatives sur l’estime de soi des enfants? Est-ce qu’un enfant portant le cache-œil risque de souffrir des railleries des autres? Une étude récente s’est penchée sur cette question et, en effet, les enfants traités pour l’amblyopie ont eu des résultats d’acceptation sociale significativement plus faibles que les enfants qui ne l’étaient pas. Heureusement, il existe maintenant une panoplie de cache-œil rigolos, qui plairont aux enfants et pourront, en quelque sorte, faciliter le traitement.

Annie, la maman de Luna, avait beaucoup de craintes lorsqu’elle a appris que sa fille de cinq ans, Luna, devrait porter un cache-œil à l’école, alors qu’elle commençait la maternelle. Au final, et heureusement, tout s’est superbement passé, nous confiait-elle. « La plupart des enfants avaient déjà vu d’autres enfants porter un cache-œil et personne n’a ri de Luna. On avait parlé avec la maîtresse avant le début de l’année scolaire, et elle a décidé d’expliquer à ses élèves ce que c’était, et pourquoi il était important que Luna le porte. Ils ont même organisé une journée de pirates, dans sa classe! »

L’EXAMEN DES YEUX

DÈS L’ÂGE DE TROIS ANS, L’ENFANT PEUT RÉPONDRE À CERTAINS TESTS ET COLLABORER EFFICACEMENT LORS DE L’EXAMEN DE LA VUE, ALORS QUE LES TESTS DE L’ENFANT DE 6 ANS SONT COMPARABLES À CEUX EFFECTUÉS CHEZ L’ADULTE.

Il est évident que les enfants de moins de 3 ans n’ont pas suffisamment d’expérience cognitive pour répondre aux questions typiques de l’examen de la vision et de la santé de l’œil. L’ophtalmologiste ou l’orthoptiste utilisent alors différents tests, impliquant ou non l’usage de gouttes oculaires, afin d’évaluer objectivement l’enfant, sans qu’il ait besoin de répondre. Certaines techniques permettent même l’examen dès la naissance.

Pour obtenir les meilleurs résultats lors de l’examen, suivez ces conseils :

  • Prenez rendez-vous au moment où l’enfant est éveillé et alerte, particulièrement le matin;
  • Documentez les antécédents familiaux de problèmes oculaires pour en parler avec le professionnel (historique de cataracte congénitale, maladies des yeux comme le rétinoblastome, etc.);
  • Documentez les maladies de la mère durant la grossesse, ainsi que les difficultés de l’accouchement;
  • Apportez la liste de médicaments pris par l’enfant de même que les traitements qui ont été appliqués lorsque c’est le cas.

Plus l’enfant vieillit, plus il est sollicité et mis à contribution. Dès l’âge de trois ans, il peut répondre à certains tests et collaborer efficacement lors de l’examen. Les tests de l’enfant de 6 ans sont comparables à ceux effectués chez l’adulte.

CONSEILS PRATIQUES

Afin de développer au mieux la vision de votre enfant, voici quelques conseils pratiques :

  • Éloignez des objets dans la zone de perception du bébé (20-30 cm) de façon à le forcer à aller les chercher;
  • Offrez-lui des jouets colorés, contrastés et texturés;
  • Installez un mobile au-dessus du lit de l’enfant.
Un œil rouge ou gonflé, chez un bébé ou un enfant, est signe d’une infection à 90 % du temps. Cette infection peut être bactérienne (paupières très gonflées, pus et rougeur importante), virale (œil qui larmoie beaucoup, rougeur modérée) ou allergique (yeux qui piquent, chauffent, larmoient et de rougeur faible à modérée). Elle peut aussi faire suite à une grippe, un rhume ou un mal de gorge.

Selon les cas, il existe plusieurs modes de correction adaptés à chaque défaut visuel, à ses différentes conséquences et à l’âge de l’enfant.

LES LUNETTES CONSTITUENT LE MOYEN DE CORRECTION LE PLUS RÉPANDU

Chez l’enfant comme chez l’adulte, on les utilise pour compenser toutes les amétropies — hypermétropie, myopie, astigmatisme —, mais aussi après certaines interventions (cataracte, strabisme) et pour la rééducation.

Lorsque la maman est bien sensibilisée aux bénéfices que son bébé peut en attendre et que les lunettes sont convenablement adaptées, l’enfant de moins d’un an les accepte très bien. Cela devient plus délicat entre un an et deux ans et demi.

Patience. Il faut encourager l’enfant, car le résultat peut être spectaculaire. On voit des petits de 15 mois qui ne marchent pas se mettre à trotter en 8 jours quand on leur donne une paire de lunettes… Plus tard, tout redevient simple, car l’enfant perçoit de lui-même tout le bénéfice apporté par ses lunettes; il se sent mieux dans sa vue, dans sa vie. Dans tous les cas, un tel achat demande du temps et les conseils d’un professionnel compétent. Devant un vrai refus, il faut chercher à comprendre ce qui se passe. L’échec peut venir d’une situation de conflit avec les parents ou de lunettes inconfortables, parce que mal adaptées ou mal centrées… Aujourd’hui, les lunettes pour enfants ont fait d’énormes progrès, tant sur le plan technique qu’esthétique. De même, les opticiens sont de plus en plus nombreux à savoir choisir et adapter le modèle convenant le mieux. De leur côté, les fabricants sont parvenus à en faire des accessoires de mode.

De plus en plus solides, les montures s’adaptent à la morphologie particulière à la première année de la vie : absence d’arête nasale, joues rebondies, oreilles fragiles… Les verres sont incassables et se rayent de plus e n plus difficilement.

La rééducation. La principale technique de rééducation passe par l’occlusion, par exemple à l’aide d’un pansement autocollant adapté. Elle consiste à cacher temporairement le bon œil pour obliger le plus faible à travailler et ramener l’acuité visuelle de l’œil paresseux (celui qui voit moins bien ou celui qui « tourne ») au niveau de celle du bon œil.

Un enfant petit accepte facilement le temps d’occlusion. Plus tard, ce moment peut donner lieu à des « négociations » : câlin, histoire ou promenade contre occlusion… Pendant les 2 ou 3 premières semaines, l’enfant comme la maman ne vivent pas cette séance comme un plaisir, mais, peu à peu, les résultats sont si convaincants que l’un et l’autre acceptent ce mode de rééducation. Pour certaines formes de strabisme ou de difficultés des mouvements oculaires, un opticien, une orthoptiste ou les parents peuvent aider un œil à se redresser par une gymnastique adaptée de seulement quelques minutes par jour.

Surprise : Les hommes et les femmes ne voient pas la même chose
L’homme voit le mouvement, la femme la couleur

Arron Ax Chercheur biologiste Publication: 16/09/2012 06:00

EXPÉRIENCE SCIENTIFIQUE – Hommes et femmes sont bien différents sur de nombreux points. Voilà une affirmation qui ne va pas remettre en cause l’humanité, mais une récente étude publié dans la revue Biology of Sex Differences apporte un nouvel élément qui explique peut-être bien des choses quant à nos différences de point de vue.
Des études scientifiques avaient déjà montré, ainsi que la vie quotidienne d’ailleurs, que la femme disposait d’un odorat plus fin et que sa perception auditive n’était pas exactement la même que chez l’homme.
Les chercheurs de la City University of New York sont allés étudier un autre domaine sensoriel, la vision
Là, on a vraiment l’impression d’enfoncer une porte ouverte car, pas besoin d’avoir un doctorat en sciences pour se rendre compte que dans un magasin de chaussures, Monsieur regarde plus la vendeuse que la paire d’espadrille rouge en promotion sur laquelle Madame a flashé. Cependant, fallait-il encore le démontrer et affiner en détail ces différences de vision de notre environnement. Pour cela, les chercheurs ont réalisé deux types d’expériences.
La première expérience consistait à faire varier en contraste une image, et les participants devaient déterminer à quel moment ils distinguaient une différence dans les couleurs.
Le résultat est étonnant.
Les hommes ne voient pas exactement la même nuance de couleur que la femme. L’un verra un orange… l’autre du rouge. De plus, les messieurs ont des difficultés à distinguer les différences entre les teintes. Pas d’erreur, la femme et la couleur, cela ne fait qu’un, on aura toujours tort, donc inutile pour nous les hommes de discuter sur la couleur de la peinture du salon!
Mais ce n’est pas tout, les chercheurs ont mené une deuxième expérience. Ils ont montré aux participants des images faites de barres lumineuses et noires dont l’épaisseur variait. Et là, ce sont les hommes qui ont montré de meilleures performances en étant plus aptes à identifier les images ayant des barres très fines et qui changeaient rapidement.
Alors? Eh bien, si les femmes montrent davantage de performance sur les couleurs, l’homme percevrait mieux les petits détails et les objets en mouvement! Na!
Les hommes voient le mouvement, les femmes la couleur
Projections rétine-CGL-cortex strié, illustrant la ségrégation de l’oeil gauche et droit par Pancrat via Wikimedia Commons
Comment l’expliquer? Cela serait peut-être dû à des différences dans les neurones thalamiques situés dans le cortex primaire visuel, plus nombreux chez l’homme, et qui se traduirait par une différence dans les aptitudes visuelles. Mais bon, tout le monde ne sera pas convaincu par ces propos un tant soit peu machistes…
Certains, et ce n’est pas mieux, pensent que cela daterait de l’époque de nos ancêtres « chasseurs-cueilleurs » où des tâches bien précises étaient effectuées par les hommes et les femmes.
Repérer un animal au loin pour le chasseur, ramasser un fruit bien mûr pour la cueilleuse. Un vrai cliché!
Quoiqu’il en soit, comme pour l’ouïe et l’odorat, il existerait donc de nettes différences entre les hommes et les femmes au niveau de la vue.
Décidément, on se demande comment on arrive à vivre en couple en ayant les mêmes goûts quand on ne sent pas, qu’on n’entend pas et qu’on ne voit pas la même chose!

Et pour l’illustrer, petite vidéo : L’évidence

Illusions optiques par Jean-Michel Hupé, du Centre de recherche cerveau et cognition (CNRS, Université Paul Sabatier Toulouse 3) 

Lorsqu’un objet tridimensionnel est représenté en deux dimensions, il devient un stimulus ambigu qui peut donner lieu à différentes interprétations. Etonnamment, ces illusions d’optique ne donnent pas lieu à un compromis entre les différentes interprétations, mais à une alternance des perceptions, comme si l’une et l’autre information disparaissaient alternativement de la conscience. C’est ce que l’on appelle la perception bistable. Ces phénomènes sont largement décrits dans le cas de la perception visuelle et pour des stimuli très variés, mais très peu en ce qui concerne la perception auditive. Des chercheurs du laboratoire Psychologie de la perception (CNRS, Paris 5, ENS) et du Centre de recherche cerveau et cognition (CNRS, Université Paul Sabatier Toulouse 3) viennent de mettre en évidence l’existence d’une perception bistable de stimuli auditifs, et de montrer qu’elle obéit à des lois similaires à celles décrites pour la vision, à défaut de solliciter un mécanisme parfaitement identique. Ces résultats offrent de nouvelles perspectives d’études des codages sensoriels et de leur accès à la conscience.
Placez la structure métallique d’un bouchon de champagne à une trentaine de centimètres de vos yeux, le petit anneau éloigné de vos yeux et le grand au premier plan. Fixez ce dernier en laissant flotter votre regard dans le vague. Tout à coup, c’est le petit anneau qui parait être au premier plan et, si vous bougez lentement la structure, elle semble se déformer ! En ne faisant pas la mise au point, votre système visuel a perdu les informations stéréoscopiques de profondeur, et il devient également possible que le petit anneau soit devant ou derrière. La stimulation visuelle est devenue ambiguë. On peut reproduire ce phénomène très facilement en dessinant un cube en perspective (“cube de Necker”) : la face perçue comme étant devant pointe soit vers le haut soit vers le bas. Une particularité remarquable d’un tel stimulus ambigu est que, si on continue de le regarder, la perception ne cesse d’alterner entre les deux interprétations. On parle de “perception bistable”. Mais pourquoi donc notre système visuel ne reste-t-il pas fixé sur une interprétation, correcte et satisfaisante ? Des chercheurs se passionnent pour cette question depuis environ deux siècles, sans parvenir à dégager d’explication convaincante.
On pense souvent qu’il est possible de décider de ce que l’on voit dans ces situations ambiguës. C’est faux : on peut parfois influencer un peu ses percepts, mais les alternances se font indépendamment de notre contrôle. Il est donc logique de considérer les stimuli ambigus comme un bon outil pour comprendre les mécanismes neurobiologiques de la conscience, ou du moins la construction de nos percepts. Jusqu’à présent, toutes les perceptions bistables étudiées étaient générées par des stimuli visuels. Les stimuli ambigus existent pourtant dans d’autres modalités sensorielles, comme l’audition, et peuvent donc potentiellement donner lieu à une perception bistable. Ainsi, des mélodies entrelacées jouées assez rapidement par un seul instrument finissent par donner l’impression de deux instruments jouant chacun une seule des mélodies. A l’inverse, il est aussi possible de créer une mélodie ou un rythme unique en combinant habilement divers instruments. Ces phénomènes sont richement exploités par les musiciens, qui jouent avec les polyphonies virtuelles ou rythmes émergents créés par nos oreilles. Organiser les scènes auditives pour grouper les sons selon leur origine physique est donc potentiellement ambigu.
Daniel Pressnitzer, du laboratoire Psychologie de la perception (CNRS, ENS) et Jean-Michel Hupé, du Centre de recherche cerveau et cognition (CNRS, Université Paul Sabatier Toulouse 3) ont comparé, pour un même groupe de sujets, la dynamique de la perception de deux stimuli, un visuel, le plaid, l’autre auditif, l’organisation auditive en flux(1). Leurs résultats démontrent que la perception de stimuli auditifs ambigus est bien bistable, et que la dynamique des alternances perceptuelles auditives est remarquablement similaire de celle des alternances visuelles. Faut-il en conclure que ces phénomènes obéissent à un mécanisme unique ? Rien n’est moins sûr. En effet, les chercheurs montrent qu’il existe une grande variabilité interindividuelle dans la perception de ces stimuli ambigus : certaines personnes perçoivent davantage l’une ou l’autres des interprétations possibles, certaines alternent rapidement et d’autres lentement. En comparant les perceptions bistables visuelles et auditives, les chercheurs n’ont pu détecter aucune corrélation entre individus pour les caractéristiques personnelles des perceptions visuelles et auditives. Les mécanismes de la bistabilité semblent donc implémentés indépendamment dans les deux modalités.
Les similarités remarquables de dynamique perceptuelle laissent donc supposer que les systèmes visuels et auditifs utilisent les mêmes mécanismes pour construire des percepts (« l’organisation perceptuelle ») à partir d’indications ambiguës. Si les raisons de l’alternance de perception sont encore à déterminer, on peut désormais supposer que la bistabilité repose sur des mécanismes de compétition identiques mais distribués au sein des différents systèmes sensoriels. Reste maintenant à préciser ces mécanismes, ce que les chercheurs s’emploient à faire désormais.

cube de necker
Le cube de Necker

Notes :
1) Les stimuli visuels et auditifs utilisés dans cette expérience sont disponibles : Consulter le site web

Références :
Temporal dynamics of auditory and visual bistability reveal commun principles of perceptual organization. D. Pressnitzer & J.M. Hupé. Current Biology 16 (13): pp-pp, July 11 2006.

Contacts chercheurs :
Daniel Pressnitzer
T 01 44 32 26 73
daniel.pressnitzer@ens.fr

Jean-Michel Hupé
T 05 62 17 37 76
jean-michel.hupe@cerco.ups-tlse.fr